Soliman Ier est probablement né le  à Trébizonde (Trabzon), dans l’actuelle Turquie et mort le  à Szigetvár, en Hongrie. Fils unique de Selim Ier Yavuz, il fut le dixième sultan de la dynastie ottomane de 1520 à sa mort en 1566. On le nomme Soliman le Magnifique en Occident et le Législateuren Orient en raison de sa reconstruction complète du système juridique ottoman.

Soliman devint l’un des monarques les plus éminents de l’Europe du xvie siècle et présida à l’apogée de la puissance économique, militaire, politique et culturelle de l’Empire ottoman. Il mena ses armées à la conquête des bastions chrétiens de Belgrade, de Rhodes et de laHongrie avant de devoir s’arrêter devant Vienne en 1529. Il annexa la plus grande partie du Moyen-Orient lors de ses guerres contre lesSéfévides d’Iran ainsi que de larges portions de l’Afrique du Nord jusqu’en Algérie. Sous son règne, la marine ottomane, menée notamment par le grand amiral Barberousse, domina la mer Méditerranée, la mer Rouge et le golfe Persique.

À la tête de son empire en pleine expansion, Soliman instaura des changements législatifs concernant la société, l’éducation, l’économie et le système judiciaire. Son code civil (appelé Kanun) fixa la forme de l’empire pour plusieurs siècles. Soliman était non seulement un poète et un orfèvre, mais également un mécène qui supervisa l’âge d’or de l’art, de la littérature et de l’architecture ottomanes. Il parlait quatre langues : le turc ottoman, l’arabe, le tchaghataï (un dialecte turc apparenté à l’ouïghour) et le persan.

En rupture avec les traditions ottomanes, Soliman épousa l’une des filles de son harem, Roxelane, qui devint Hürrem Sultan ; ses intrigues en tant que reine à la cour et son influence sur le sultan assurèrent sa renommée. Leur fils, Selim II, succéda à Soliman à sa mort en 1566. Le règne de près de 46 ans de Soliman demeure le plus long de l’histoire de l’Empire ottoman.

Soliman tomba amoureux de Hürrem Sultan, une fille de son harem originaire de Ruthénie, territoire faisant alors partie de la Pologne. Les diplomates occidentaux, constatant les commérages du palais sur elle, l’appelèrent « Russelazie » ou « Roxelane », en référence à ses origines slaves. Fille d’un prêtre orthodoxe ukrainien, elle devint esclave et gravit les échelons du harem pour devenir la favorite de Soliman.

Rompant avec deux siècles de traditions ottomanes, une ancienne concubine était devenue l’épouse légale du sultan, à la stupeur des observateurs du palais et de la ville. Il autorisa également Hürrem Sultan à rester avec lui à la cour pour le reste de sa vie, brisant une tradition ottomane voulant que, lorsque les héritiers atteignaient leur majorité, ils soient envoyés avec leur génitrice pour gouverner une province reculée de l’Empire et n’en reviennent que pour occuper le trône impérial

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